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LE Collectif 


Le Darouri est un collectif de création dirigé par Line Guellati, Camille Husson et Marion Lory — actrices, metteuses en scène et autrices. Nous créons des œuvres de spectacle vivant (et pas seulement) pour mettre en lumière ce qui libère les corps et nourrit la pensée. 

Darouri ça veut dire de haute importance, nécessaire, c’est obligé, d’office. C’est un mot usuel du darija marocain, une expression orale qui nous rassemble depuis 2013 et qu’on aime répéter quand on nous demande Darou… quoi ? 

Darouri

On s’est délectées de l’utiliser lors de nos premiers tissages professionnels avec des compagnies marocaines. Darouri c’est le point de départ de notre histoire collective, des récits que nous portons en lien avec les artistes invité·e·s qui nous accompagnent au fil de nos créations. Le répertoire théâtral francophone ne regorge pas de rôles féminins complexes et renversants, alors c’est darouri d’inventer nos partitions en prenant soin les unes des autres et de nos relations avec les publics. Chacune de nous est porteuse d'un univers théâtral fort. Ça forme comme une toile d'araignées aux fils multicolores. 

Raconter la visibilisation des figures féminines ayant marqué le cours de l’Histoire dans Myzo! Les Djinns au fond des caves, c’est darouri. Les confusions entre désir d’amour et pulsions dans Robin et Marion ? Darouri. La diversité des imaginaires érotiques/pornographiques avec Sexplay, nos Panthères nos joyaux ? C’est darouri. La marginalisation des personnes neuro atypiques et des aidant.e.s proches dans J'ai les bleus de l'orage ? Darouri évidemment. Le processus de deuil vécu chez les enfants dans Mon étoile dyzigote, tout ça, pour nous, c’est darouri, important, nécessaire, vital. Tellement, que des fois, ça déborde.

Notre théâtre s’infiltre alors par les portes des musées, les bibliothèques ou les studios de radio. Des fois il n’y a même plus de portes, à tel point qu’on crée en plein air, dans les montagnes amazigh, dans la campagne luxembourgeoise en fées déglinguées ou dans les terrils carolo en Boucles Noires néogothiques. C’est qu’on est aussi des femmes de terroir et que le contact brut avec les publics, en lien avec les éléments naturels, ça nous botte.

Si le Darouri était un animal, il pourrait être un bélier, pour la force de sa persévérance, ou une renarde qui compose avec les tempêtes de la création, à la rigueur un lézard, qui se faufile dans les anfractuosités rocheuses. Le Darouri s’inscrit dans le paysage culturel avec générosité et mordant.

D’office !

Marion Lory